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INFERTILITE: ET SI C'ETAIT UNE ENDOMETRIOSE

Infertilité: et si c'était une endométriose ?

Dans près de la moitié des bilans d’infertilité, on trouve chez la femme une endométriose, c’est-à-dire des fragments de muqueuse utérine situés ailleurs que dans l’utérus. Mais une bonne prise en charge permet souvent d’avoir un bébé. Le point avec le Pr Dominique de Ziegler, gynécologue à l’hôpital Cochin (Paris)

Endométriose: elle touche une jeune femme sur 10

Près de 10 % des femmes en âge de procréer seraient atteintes d'endométriose, une maladie encore méconnue. Méconnue des femmes qui en souffrent et des médecins, qui la découvrent au hasard d’un bilan d’infertilité. Ces derniers sont alors face à un dilemme : que soigner en premier, l’endométriose ou l’infertilité ?

« En médecine, le bon sens veut qu’on commence par un traitement modéré pour aller ensuite vers de plus agressifs. Mais pour l’endométriose, l’inverse est parfois souhaitable », constate le Pr Dominique de Ziegler, gynécologue à l’hôpital Cochin, à Paris. On commence donc par la chirurgie, et non par le traitement médical.

Dans l’idéal, la prise en charge doit être assurée par une équipe pluridisciplinaire, comportant chirurgiens et spécialistes de procréation médicalement assistée, (PMA). Les chances de mener à bien une ou plusieurs grossesses sont alors plus élevées.

 

Endométriose: opération chirurgicale ou FIV ?

On opère si la femme est jeune et que l’endométriose est la seule cause d’infertilité. « La chirurgie est souvent proposée en premier », explique le Pr Dominique de Ziegler. Elle consiste à retirer par électrocoagulation ou laser les fragments de muqueuse égarés, sous cœlioscopie. « Pour renforcer le résultat de l’intervention, on prescrivait ensuite un traitement contraceptif, précise le Pr de Ziegler. Mais on s’est rendu compte que c’est juste après l’opération que la femme a le plus de chances d’être enceinte. » Si on s’en tient à la seule chirurgie, elle aura une chance sur deux decommencer une grossesse dans l’année.

S’il existe d’autres problèmes d’infertilité. Le médecin opte pour la fécondation in vitro et soigne l’endométriose dans un second temps. Une préparation spéciale est toutefois nécessaire, car la maladie induit une résistance à la progestérone, une hormone utilisée pour favoriser l’ovulation. En 2010, l’équipe du Pr de Ziegler a montré que le médicament le plus adapté pour préparer l’endomètre à la FIV est… la pilule contraceptive. Le meilleur moyen de réussir une FIV chez une femme souffrant d’endométriose consiste donc avant à lui prescrire la pilule pendant six à neuf semaines !

Le médecin pourra ensuite lui donner de la progestérone pour préparer la muqueuse utérine à accueillir un embryon conçu par FIV. Et les chances d’être enceinte sont alors comparables à celles d’une femme ne souffrant pas d’endométriose !

Autre bonne nouvelle : même si les ovocytes produits par la stimulation ovarienne sont peu nombreux, on sait que ce n’est pas un handicap. « Dans le cas de l’endométriose, les femmes conservent de bonnes chances d’être enceintes même si elles ont peu d’ovocytes », explique le Pr de Ziegler.

Endométriose: traiter avant le désir d'enfant c'est mieux ?

« Lorsqu’une jeune fille se plaint de règles très douloureuses, il faut songer à l’endométriose », rappelle le Pr Dominique de Ziegler. Deux cas peuvent se présenter…

- L’endométriose est superficielle : le mieux est de maintenir ces fragments de muqueuse en sommeil par la prise de pilule en continu. Pendant des années s’il le faut, la contraception étant arrêtée quand on veut un enfant.

- Elle est profonde et envahit la paroi d’un organe : il faut opérer pour retirer les fragments de muqueuse qui ne sont pas au bon endroit : « les résultats sont souvent spectaculaires. Les douleurs disparaissent et il y a peu de récidives », rassure le Pr Dominique de Ziegler. Une intervention précoce empêche l’endométriose de gagner du terrain, ce qui évite des interventions plus importantes.

Endométriose : bientôt un nouveau traitement…

Actuellement, tous les médicaments contre l’endométriose bloquent l’ovulation (c’est le cas de la pilule utilisée en traitement de base). Dur, dur quand on veut faire un bébé ! Mais un traitement à l’étude offre de nouveaux espoirs : il s’agit d’une antiprolactine (une hormone). Comment ? Il favoriserait l’assèchement des fragments de muqueuse utérine disséminés, sans avoir d’effet négatif sur la fertilité.

(source: topsanté)



13/03/2015
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